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Management : 3 leçons tirées de la série « Dix pour cent »

Source : Welcome to the Jungle - Gabrielle Meulle


Et si la cultissime série française « Dix pour cent » se transformait en cours de management ? Dans ce décor d’agence artistique, les rivalités entre collègues, les caprices de stars et les négociations de haut vol ont en effet de quoi vous inspirer.


Les séries ne sont pas seulement divertissantes, elles peuvent aussi, sous un certain prisme, nous éclairer sur nos manières de travailler. C’est l’avis de Gwendal Fossois, spécialiste de la pop culture qui, dans son dernier livre, Le management selon Dix pour cent, nous propose une relecture de la série à succès pour en extraire les meilleures façons de manager. Dans cet essai, toutes les situations rencontrées en entreprise sont analysées : les relations professionnelles, les rivalités, les trahisons, les histoires d’amour (secrètes), la négociation des salaires et des contrats, la gestion des egos, le rachat de l’entreprise par un nouvel actionnaire et même la présence d’un chien dans les locaux… L’auteur y décrypte avec attention les liens ténus entre le monde du travail « traditionnel » et celui du cinéma tel qu’il apparaît dans Dix pour cent. Au-delà de la présence savoureuse de stars françaises, la série raconte la vie de bureau des agents, de leurs assistants, et les objectifs parfois intenables qu’ils visent ensemble. Bienvenue à l’agence ASK, une école de management très formatrice.


Leçon n° 1 : recruter la « bonne » personne, c’est prendre son temps et mettre son ego de côté


Comment faire pour trouver la pépite qui saura s’intégrer à votre équipe tout en donnant le meilleur d’elle-même ? Finalement, pour un recruteur, la tâche est à peu près la même que celle d’un agent qui déniche un talent : savoir repérer le potentiel. Comme pour un acteur qui passera du petit au grand écran, votre candidat va évoluer en fonction des rôles que vous lui offrirez. C’est pour cela qu’il est important de retenir qu’au début, il ne correspondra jamais à 100 % à la fiche de poste.


Aussi, il faudra veiller à ne pas considérer l’entretien d’embauche comme un coup de foudre car cette approche purement intuitive a du plomb dans l’aile, comme en témoigne la série. Si Andréa Martel (Camille Cottin) décide de recruter Camille Valentini pour le poste d’assistante sur la base d’une discussion de 3 minutes se résumant aux disponibilités et à la motivation de la jeune fille, sa décision mettra plus tard l’agence en grande difficulté. L’échange à la va-vite entre la jeune fille et sa manager n’a pas permis à cette dernière de cerner le potentiel de maladresse de Camille. Résultat ? Camille fera une immense bourde devant Cécile de France en lui annonçant avant son agent qu’elle est trop vieille pour le rôle de ses rêves.


Cette situation fictionnelle pose une question centrale vis-à-vis du recrutement : comment ne pas céder aux sirènes de l’émotionnel et éviter les biais ? Allons puiser notre inspiration chez Hicham, le personnage du nouveau PDG sorti d’école de commerce dans Dix pour cent. Plus calme et réfléchi, lors du recrutement d’un agent junior, il choisit de demander l’avis des seniors. Idéalement, une seule autre personne est nécessaire durant l’entretien, comme le rappelle Gwendal Fossois. Se faire accompagner par Arlette, Gabriel ou Mathias permet à Hicham de prendre du recul sur les candidats tout en intégrant au processus de recrutement ceux qui ont davantage l’expérience du terrain que lui. En bref, pour recruter un bon talent, il faut savoir prendre son temps, impérativement préparer la discussion et savoir mettre son ego de côté pour demander aux autres leur avis.


Leçon n° 2 : adapter son management selon les personnalités de son équipe


Dans l’agence ASK, les collaborateurs défilent. Alors que certains comme Magalie démissionnent au bord de la crise de nerfs, d’autres comme Camille Valentini sortent les rames pour intégrer l’équipe. Former une belle team n’est pas une mince affaire et il est indispensable de saisir la complexité du profil de chacun pour mieux y répondre. Mais comment décoder les comportements révélateurs sans demander à son candidat de s’allonger sur le divan ? C’est encore une fois Hicham qui nous aidera à répondre à cette question (saison 4, ép. 3) grâce à une méthode bien à lui.


Sur fond de métaphores canines, le directeur général d’ASK fait référence à des races de chiens pour décrypter les tempéraments représentés dans son équipe. Dépassons l’aspect cocasse de cette comparaison pour accéder à son sens pratique. En s’inspirant de la méthode DISC (Dominance, Influence, Stable, Conformer) théorisée par le psychologue américain William Moulton Marston, Hicham réussit grâce à ses avatars chiens à adoucir et fluidifier les échanges avec ses collaborateurs.


  • Le pitbull – Incarné à la perfection par Andréa Martel qui brille par sa redoutable pugnacité, c’est un profil direct, impulsif, qui refuse de demander de l’aide. Reconnaissable à son tempérament de feu, le pitbull fonce tête baissée, guidé par son instinct. Correspondant au profil dominant, il peut être parfois impulsif comme Andrea durant ses excès de colère.

  • Le Jack Russell – Méthodique, loyal et avisé, comme Arlette la confidente de l’agence, le Jack Russell possède une grande capacité d’écoute. Mais attention ! C’est un chien de chasse, et derrière sa petite taille, se cache quelqu’un qui à force de trop intérioriser peut exploser en plein vol.

  • Le cocker – Réputé pour ses longues oreilles, ce chien peut parfois se prendre les pattes dedans. De la même façon que Camille qui se montre un peu naïve au début de la série, il réussit à s’intégrer grâce à son enthousiasme et sa curiosité. Il possède un très bon sens du relationnel. Amical et positif, il lui arrive d’être tête en l’air et de manquer d’organisation.

  • Le braque allemand – Comme Mathias, c’est un profil solitaire qui agit souvent dans l’ombre. Il ne prend la parole que lorsqu’il a un argumentaire bien ficelé comme l’illustre la scène de négociation du contrat de Cécile de France (saison 1, ép. 1). Persévérant, précis et consciencieux, il peut facilement se perdre dans les détails.


D’après Gwendal Fossois, l’avantage de cette catégorisation est qu’elle permet de fixer une marge de progression et d’utiliser des leviers de façon positive.


Leçon n° 3 : améliorer le bien-être des salariés au bureau


Chaque agent appose sa touche personnelle dans son bureau. Que ce soit Gabriel qui affiche fièrement le poster du Diable au corps sur son mur, ou Mathias dans un style plus épuré, qui travaille toujours dans un espace parfaitement rangé, l’aménagement des espaces apparaît ici comme l’une des clés principales du bien-être au travail. Comme en atteste le désir ardent d’Hervé de récupérer le bureau bien aménagé de Mathias une fois celui-ci parti (saison 4, ép. 6), travailler dans une atmosphère sereine change la donne. Le bureau partagé, bruyant et encombré provoque chez les assistants (particulièrement chez Hervé) une baisse de moral continue. C’est pourquoi, sur la question des espaces de travail et de leur impact sur la QVT, les managers ont un rôle à jouer. Et même si l’on ne s’improvise pas décorateur d’intérieur en se réveillant, on peut s’inspirer de la leçon de feng shui donnée par Nathalie Baye dans la saison 4.


Quand l’actrice entre dans les locaux d’ASK, c’est la douche froide. Brouhaha, espace encombré, absence de verdure, un « enclos » en guise de bureau pour les juristes… Nathalie va alors prendre une grande inspiration avant de retrousser ses manches pour maximiser l’énergie positive présente dans la pièce. Dans la recherche du bureau feng shui, le positionnement est très important. Il faut dès lors dégager les baies vitrées pour laisser entrer la lumière et surtout placer le bureau face à la porte. Pour privilégier la sensation d’une sphère protectrice, l’entrée doit être visible, une chaise dos à la porte entraînerait un sentiment d’inconfort et d’insécurité. N’hésitez pas non plus à placer des plantes vertes comme Noémie le fait si bien avec Mathias, afin de répandre un élan créatif au sein du bureau.


Ces quelques leçons le démontrent déjà : avec Le management selon Dix pour cent, Gwendal Fossois permet de faire un pas de côté pour mieux appréhender les défis RH et managériaux de l’entreprise. La mise en écho de la série avec nos quotidiens pros nous fait découvrir sous un autre prisme le romanesque de nos vies de bureau, tout en nous enjoignant à retenir le meilleur des astuces de management de chaque personnage. À lire sans retenue !


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