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LA NEWS DE WOMEN FIRST #214

23 sept.
7 min de lecture


Le thème de la semaine

Emma Bonino : disparition d’une grande figure européenne des droits des femmes et des libertés 🇪🇺


Surnommée la « Lady of conscience », Emma Bonino est morte à 78 ans, après plus d’un demi-siècle d’engagement politique et militant.


Droits des femmes, avortement, peine de mort, justice internationale, Europe…


Son parcours l’a menée des mouvements féministes italiens aux plus hautes responsabilités politiques et européennes.

 


Des droits des femmes à la politique


Née en 1948 dans le Piémont, Emma Bonino s’inscrit à l’université de Milan en 1968, à 20 ans.


Dès le début des années 1970, elle s’engage notamment pour le droit à l’avortement, un combat qui lui vaudra 3 semaines de prison.


👉 En 1975, elle cofonde le Centre d’information sur la stérilisation et l’avortement

👉 En 1976, elle est élue pour la première fois à la Chambre des députés

👉 En 1978, l’Italie adopte la loi 194, qui légalise l’interruption volontaire de grossesse


Elle s’investit également en faveur du divorce, de l’abolition de la peine de mort, de la réforme des prisons ou encore de la dépénalisation de l’usage personnel des drogues.


En 1987, elle joue également un rôle dans la campagne référendaire qui conduit à l’abandon du programme nucléaire civil italien.


 

Des responsabilités européennes aux combats internationaux


En 1995, Emma Bonino devient commissaire européenne.


Durant ses 4 années à Bruxelles, elle travaille notamment sur la politique des consommateurs, la pêche et l’aide humanitaire, tout en se rendant régulièrement dans les zones de crise.


En 1996, elle intervient notamment sur la situation des réfugiés dans la région des Grands Lacs africains.


Elle poursuit ensuite son engagement en faveur de la création de la Cour pénale internationale et d’un moratoire universel sur la peine de mort.


Ce dernier combat aboutit en 2007 au vote d’une résolution aux Nations unies.

 


Une femme aux plus hautes responsabilités


Emma Bonino poursuit parallèlement sa carrière dans les institutions italiennes :

👉 Ministre du Commerce international et des Affaires européennes de 2006 à 2008

👉 Vice-présidente du Sénat de 2008 à 2013

👉 Ministre des Affaires étrangères de 2013 à 2014


À ce dernier poste, elle devient la 2e femme de l’histoire italienne à diriger le ministère des Affaires étrangères.


Élue à de nombreuses reprises en Italie et au Parlement européen, Emma Bonino aura consacré près de 50 ans de sa vie publique aux droits civiques, aux libertés individuelles et à la construction européenne.


Une trajectoire qui rappelle aussi combien l’engagement d’une femme peut contribuer à faire évoluer les lois, les institutions et les mentalités.


La news de la semaine

Et si les femmes avaient toujours été l’un des moteurs invisibles de la prospérité ? 💡


C’est la thèse défendue par l’économiste et historienne britannique Victoria Bateman.


Son constat : pendant des siècles, l’histoire économique a surtout raconté les rois, les guerres, les industriels ou les grands penseurs masculins, en laissant largement de côté la contribution des femmes.


Dans son dernier ouvrage, elle retrace pourtant leur rôle économique sur près de 12.000 ans, du paléolithique à l’ère numérique.

 


Les femmes ont toujours travaillé


Agriculture, artisanat, commerce, médecine, construction…


Les recherches archéologiques et historiques montrent que les femmes ont participé à bien plus d’activités qu’on ne l’a longtemps raconté.


👉 À Gizeh, la moitié des squelettes retrouvés dans le cimetière des ouvriers des pyramides étaient ceux de femmes

👉 À l’âge du bronze, elles fabriquaient notamment des étoffes utilisées comme monnaie

👉 Dans la Rome antique, il y aurait eu 4 fois plus de plombières qu’il n’y en a aujourd’hui en France et au Royaume-Uni réunis !


Les femmes travaillaient également dans les tavernes médiévales, les mines de charbon pendant la révolution industrielle ou encore dans la médecine dès l’Égypte ancienne.


Selon Victoria Bateman, l’image de la femme exclusivement au foyer serait d’ailleurs largement une construction de l’époque victorienne.

 


Émancipation des femmes et prospérité sont étroitement liées


Pour l’économiste, les sociétés qui ont permis aux femmes d’étudier, de travailler, de posséder des biens, de choisir leur conjoint ou encore de maîtriser leur fécondité ont davantage prospéré.


À l’inverse, elle observe que les périodes de recul des droits des femmes ont souvent accompagné des fragilisations économiques.


Contraception et accès à l’avortement ont également joué un rôle majeur : pouvoir choisir le moment d’avoir un enfant permet notamment d’étudier plus longtemps, d’investir dans sa carrière et de constituer davantage de patrimoine.


 

Des inégalités qui ont aussi un coût économique


L’histoire ne suit pourtant pas une progression continue vers davantage d’égalité.


Victoria Bateman rappelle que dans certains pays, les femmes disposent aujourd’hui de moins de droits qu’elles n’en avaient plusieurs siècles auparavant.


Dans l’Iran antique, par exemple, elle souligne que l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes était inexistant et que les femmes participaient également aux combats.


Aujourd’hui encore, les discriminations ont des conséquences très concrètes :

👉 Une participation plus faible des femmes au marché du travail

👉 Des compétences sous-utilisées

👉 Moins d’innovation et de productivité

👉 Des revenus des ménages plus faibles


À l’inverse, investir dans l’éducation des filles produit des effets positifs sur la santé, les revenus, la natalité et la croissance.


Une manière de renverser le regard : l’émancipation des femmes ne serait pas simplement une conséquence du développement économique.

Elle en serait aussi l’un des moteurs !


Le focus de la semaine

Et vous, de quelle audace êtes-vous capable ? ✨


C’est autour de cette question que les membres du Women First Club se sont retrouvées pour notre dîner de rentrée.


Une soirée imaginée autour d’un mot : OSER.

- Oser prendre position.

- Oser prendre sa place.

- Oser défendre une conviction.

- Oser agir sans attendre de se sentir parfaitement légitime.

- Oser voir plus grand.

 


15 femmes d’exception pour inspirer 15 tables


Chaque table portait le nom d’une femme qui, à sa manière, a osé bousculer les codes :

👉 Simone Veil, Coco Chanel, Éléanor Roosevelt, Gisèle Halimi, Greta Thunberg

👉 Jacinda Ardern, Malala Yousafzai, Marie Curie, Michelle Obama, Rosa Parks

👉 Serena Williams, Vandana Shiva, Annie Ernaux, Marguerite Yourcenar et Frida Kahlo


Des parcours très différents, mais une même capacité à remettre en question le statu quo.

 


Chaque table était ainsi invitée à réfléchir collectivement à une question :


👉 Et moi, de quelle audace suis-je capable pour cette rentrée ?

Ce que nous retenons de cette soirée


👉 L’audace peut prendre de nombreuses formes : prendre la parole, dire non, changer de voie, demander davantage ou décider enfin d’agir.


👉 La légitimité ne précède pas toujours l’action.

Elle peut aussi se construire en prenant sa place et en faisant entendre sa voix.


👉 Oser, c’est parfois défendre une conviction lorsque celle-ci ne fait pas consensus.


👉 Et surtout, l’audace devient encore plus puissante lorsqu’elle est partagée.

 

Pour conclure la soirée, chacune des 15 tables a transformé ses échanges en un engagement collectif pour l’année à venir.


Un dîner placé sous le signe des échanges, de l’inspiration et d’une rentrée avec une envie commune : oser davantage.


Un immense merci aux membres du Women First Club pour leur présence, leur énergie et la richesse de leurs échanges. 🙏


Post LinkedIn of the week "Women First"

 

Marie-José Pérec a reçu les insignes de commandeur de la Légion d’honneur. ⬇️

 


Une distinction qui célèbre une immense championne française, mais à laquelle elle a choisi de donner une portée bien plus large que son seul parcours sportif.


Ce jeudi 17 septembre, à l’Élysée, Marie-José Pérec a reçu les insignes de commandeur de la Légion d’honneur des mains d’Emmanuel Macron, entourée de ses proches et de plusieurs grandes figures du sport ultramarin.


Promue à ce grade en juillet 2024, elle était déjà officier de la Légion d’honneur depuis 2013.

 


𝗨𝗻 𝗽𝗮𝗿𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗮 𝗺𝗮𝗿𝗾𝘂𝗲́ 𝗹’𝗵𝗶𝘀𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲 🇫🇷


Née à Basse-Terre, en Guadeloupe, Marie-José Pérec est repérée adolescente pour ses qualités de sprinteuse.


Quelques années plus tard, elle entre dans l’histoire de l’athlétisme français.

Trois titres olympiques :

👉 400 mètres aux Jeux de Barcelone en 1992

👉 400 mètres aux Jeux d’Atlanta en 1996

👉 200 mètres aux Jeux d’Atlanta en 1996


À Atlanta, elle réussit ainsi le doublé 200 m - 400 m et conserve son titre olympique sur le tour de piste.


Une trajectoire exceptionnelle, faite de victoires, mais aussi de moments plus difficiles.


À l’Élysée, Emmanuel Macron est notamment revenu sur les Jeux de Sydney en 2000, lorsque Marie-José Pérec choisit finalement de ne pas prendre le départ du 400 mètres.


Près de trente ans après ses titres, son image a de nouveau marqué l’histoire des Jeux : le 26 juillet 2024, elle allumait avec Teddy Riner la vasque olympique de Paris 2024.


Mais jeudi soir, Marie-José Pérec n’a pas seulement parlé de sport.

 


𝗨𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗶𝗿𝗲́𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗺𝗲𝘁𝘁𝗮𝗶𝘁 𝗹𝗲 𝘀𝗽𝗼𝗿𝘁 𝗳𝗿𝗮𝗻𝗰̧𝗮𝗶𝘀 𝗮̀ 𝗹’𝗵𝗼𝗻𝗻𝗲𝘂𝗿


Marie-José Pérec n’était pas la seule figure du sport distinguée ce soir-là à l’Élysée.

À ses côtés :

👉 Gérard Masson, ancien président de la Fédération française handisport, a également reçu les insignes de commandeur de la Légion d’honneur

👉 Fabien Galthié, sélectionneur du XV de France, a reçu ceux de chevalier de la Légion d’honneur

👉 Abdelatif Benazzi, ancien capitaine du XV de France, a été élevé au rang de commandeur de l’ordre national du Mérit

👉 Michel Denisot, ancien président du Paris Saint-Germain et de la Berrichonne de Châteauroux, a reçu les insignes de chevalier de l’ordre national du Mérite

👉 Nathalie Péchalat, ancienne présidente de la Fédération française des sports de glace, a reçu les insignes de chevalier de l’ordre national du Mérite

 


𝗘𝗹𝗹𝗲 𝗮 𝗽𝗮𝗿𝗹𝗲́ 𝗱𝗲 𝗿𝗲𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻.


« 𝘊𝘦 𝘯’𝘦𝘴𝘵 𝘱𝘢𝘴 𝘲𝘶𝘦 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘮𝘰𝘪, 𝘤’𝘦𝘴𝘵 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘭𝘦𝘴 𝘧𝘦𝘮𝘮𝘦𝘴 𝘦𝘯 𝘨𝘦́𝘯𝘦́𝘳𝘢𝘭 𝘦𝘵 𝘦𝘯𝘤𝘰𝘳𝘦 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘭𝘢 𝘧𝘦𝘮𝘮𝘦 𝘯𝘰𝘪𝘳𝘦. »


Elle a rappelé que de nombreuses femmes accomplissent des parcours remarquables sans bénéficier de la même visibilité.


Et elle a porté un message particulièrement fort sur la place des femmes noires dans la société, qu’elle estime encore insuffisamment représentées et considérées.




Women First revient sur Instagram !



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