LA NEWS DE WOMEN FIRST #218

Le thème de la semaine
Femmes à haut potentiel : évaluons-nous vraiment le potentiel… ou les codes du pouvoir ? 🎯
Les entreprises savent mesurer la performance passée.
Mais lorsqu’il s’agit d’identifier les futurs dirigeants, les critères deviennent souvent beaucoup plus flous : « présence », « stature », « impact », « ambition », « leadership naturel »…
Et c’est précisément là que certaines inégalités peuvent se créer.
Les femmes mieux évaluées sur leur performance… mais moins sur leur potentiel
Une étude publiée en 2026 dans l’American Economic Review a analysé les évaluations de 29.809 salariés d’une grande entreprise.
Les résultats sont frappants :
👉 Les femmes obtenaient de meilleures évaluations de performance que les hommes
👉 Mais de moins bonnes évaluations de potentiel
👉 Cette différence expliquait environ la moitié de l’écart de promotion observé
Plus étonnant encore : les évaluations de potentiel prédisaient mal les performances futures, puisque les femmes obtenaient ensuite de meilleurs résultats que leurs collègues masculins.
Autrement dit, une entreprise peut reconnaître qu’une femme performe aujourd’hui tout en ayant davantage de difficultés à l’imaginer dans un rôle plus important demain.
Quand assurance et potentiel sont confondus
Autre biais possible : associer la confiance affichée à une capacité réelle à diriger.
Une personne qui se porte volontaire, réclame davantage de responsabilités ou affirme être prête peut facilement être perçue comme ayant davantage de potentiel.
Pourtant, une méta-analyse portant sur 99 échantillons ne constate aucune différence globale d’efficacité entre femmes et hommes.
Elle observe même que :
👉 Lorsqu’ils sont évalués par les autres, les femmes sont jugées plus efficaces
👉 En auto-évaluation, les hommes se considèrent davantage efficaces que les femmes
Le risque est donc de transformer l’assurance affichée en indicateur de leadership.
Changer les critères plutôt que demander aux femmes de changer
Le problème ne se résout pas simplement en demandant aux femmes d’être plus visibles, plus ambitieuses ou plus confiantes.
L’enjeu est aussi de revoir la manière dont les entreprises évaluent le potentiel.
Plutôt que de dire :
👉 « Elle manque d’impact »
👉 « Il a naturellement du leadership »
Il faudrait demander : quels faits concrets soutiennent réellement ce jugement ?
Et surtout : exigeons-nous le même niveau de preuve de toutes et tous ?
Car une promotion comporte toujours une part de pari.
À certains collaborateurs, on demande de démontrer qu’ils savent déjà faire.
À d’autres, on accorde davantage facilement le bénéfice du potentiel.
Le véritable enjeu n’est donc peut-être pas de « révéler » davantage le potentiel des femmes, mais de s’assurer que nous savons réellement le reconnaître.
La news de la semaine
Cheveux gris et emploi : quand les femmes doivent parfois cacher leur âge pour être recrutées 👩🦳
Dans le monde du travail, afficher ses cheveux gris peut encore être perçu comme un risque, en particulier pour les femmes.
Derrière cette question d’apparence se cache un sujet plus profond : l’âgisme.
Quand paraître plus jeune devient une stratégie professionnelle
Certaines femmes disent désormais adapter leur apparence pour tenter d’éviter les discriminations :
👉 Utiliser des filtres lors d’entretiens en visioconférence
👉 Recommencer à se teindre les cheveux
👉 Chercher à masquer les signes visibles de l’âge
Une manière de ne pas être écartées dès les premières étapes du recrutement.
Les femmes touchées plus tôt que les hommes
Selon des travaux de recherche britanniques, les discriminations liées à l’âge pourraient commencer dès la quarantaine pour les femmes.
Chez les hommes, elles apparaîtraient plutôt à partir de la cinquantaine.
En France, le constat est également préoccupant :
👉 26% des femmes de 50 ans et plus déclarent avoir subi une discrimination dans l’emploi
👉 Contre 20% des hommes du même âge
Ces chiffres concernent l’ensemble des discriminations professionnelles déclarées, et pas uniquement celles liées à l’âge.
Un paradoxe alors que les carrières s’allongent
Alors que nous sommes appelés à travailler plus longtemps, certaines femmes estiment encore devoir paraître plus jeunes pour continuer à être considérées comme employables.
Et le paradoxe est frappant : ce qui peut être célébré chez une actrice ou une personnalité publique reste parfois pénalisant dans un processus de recrutement.
Les cheveux gris deviennent tendance.
Mais l’expérience et l’âge restent encore trop souvent perçus différemment selon que l’on est une femme ou un homme.
Le focus de la semaine
Football masculin : les femmes restent presque absentes des staffs ⚽️
Alors que Zinédine Zidane souhaite féminiser son futur staff à la tête de l’équipe de France masculine, notamment dans la data et la performance, le constat reste saisissant.
Sous Didier Deschamps, aucune femme ne figurait parmi les 21 membres du staff des Bleus.
Et la situation est loin d’être spécifique à la France.
Des staffs encore ultra-masculins
Parmi les 10 premières nations au classement FIFA, seule l’Angleterre compte une femme dans son staff technique, au poste d’analyste.
Dans les 5 grands championnats européens, les femmes ne représentaient en 2020 que 2,12% du personnel d’encadrement.
👉 Bundesliga : 13 femmes sur 353 personnes
👉 Ligue 1 : 9 sur 262
👉 Premier League : 3 sur 138
👉 Liga : 3 sur 287
👉 Serie A : aucune femme
Plus on se rapproche des fonctions sportives et décisionnelles, plus leur présence diminue.
En Ligue 1, seulement 2 femmes dans les staffs techniques
En élargissant aux départements techniques, médicaux et administratifs, la Ligue 1 compte aujourd’hui 22 femmes pour 318 hommes.
Mais seules 2 occupent des fonctions directement liées au staff technique, toutes les deux dans l’analyse data.
Les autres travaillent principalement comme :
👉 Nutritionnistes : 6
👉 Kinésithérapeutes : 5
👉 Dans la gestion : 5
👉 Médecins : 2
👉 Podologues : 2
Autre constat : un tiers des clubs de l’élite n’affiche aucune femme dans ses équipes, et un autre tiers n’en compte qu’une.
Quelques pionnières commencent à ouvrir la voie
Certaines femmes ont néanmoins réussi à franchir cette barrière.
En avril dernier, Marie-Louise Eta est devenue la première femme à diriger une équipe masculine de l’élite du Big 5 européen, pendant 5 matches.
Avant elle, Corinne Diacre avait entraîné Clermont pendant 3 saisons en Ligue 2, avant de devenir sélectionneuse de l’équipe de France féminine en 2017.
D’autres expériences ont également eu lieu en Angleterre et en Allemagne.
Des parcours encore rares, mais qui montrent que la porte peut s’ouvrir.
Reste désormais à créer les conditions pour que ces femmes ne soient plus seulement des exceptions, mais puissent durablement prendre leur place dans les staffs du football masculin.
Post LinkedIn of the week "Women First"
Ce 19 octobre, nous célébrions la Journée mondiale de prévention du cancer du sein. ⬇️
En France, plus de 61.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année et près de 12.800 personnes en meurent.
Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent et le plus meurtrier chez les femmes en France.
𝗣𝗹𝘂𝘀 𝗱𝗲 𝟲𝟭.𝟬𝟬𝟬 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂𝘅 𝗰𝗮𝘀 𝗽𝗮𝗿 𝗮𝗻
En 2023, 61.214 nouveaux cas de cancer du sein ont été diagnostiqués en France métropolitaine et 12.765 décès lui ont été attribués.
L'âge médian au moment du diagnostic est de 64 ans et près de 80% des cancers du sein se développent après 50 ans.
Mais les progrès réalisés sont importants.
La mortalité a diminué en moyenne de 1,5% par an entre 2019 et 2023 et la survie nette à 5 ans atteint 88% pour les femmes diagnostiquées entre 2010 et 2015.
Détecté à un stade précoce, le cancer du sein peut être traité plus facilement, avec généralement des traitements moins lourds et moins de séquelles.
𝗟𝗲 𝗱𝗲́𝗽𝗶𝘀𝘁𝗮𝗴𝗲, 𝘂𝗻 𝗲𝗻𝗷𝗲𝘂 𝗺𝗮𝗷𝗲𝘂𝗿
En France, les femmes âgées de 50 à 74 ans, sans symptôme ni facteur de risque particulier, sont invitées à réaliser une mammographie de dépistage tous les 2 ans.
Cet examen est pris en charge à 100% dans le cadre du programme national et les mammographies considérées comme normales bénéficient d'une deuxième lecture.
Pourtant, la participation reste insuffisante.
En 2025, seulement 47,5% des femmes concernées ont participé au programme de dépistage organisé.
Sur la période 2024-2025, elles étaient 4,9 millions à avoir réalisé une mammographie dans ce cadre, soit 45,7% de la population cible.
𝗣𝗿𝗲́𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿, 𝗱𝗲́𝘁𝗲𝗰𝘁𝗲𝗿, 𝘀𝗼𝗶𝗴𝗻𝗲𝗿
La lutte contre le cancer du sein ne repose pas uniquement sur le dépistage.
L'Institut national du cancer estime que près de 20.000 cancers du sein pourraient être évités chaque année en agissant notamment sur certains facteurs de risque : consommation d'alcool et de tabac, surpoids ou encore manque d'activité physique.
Et quel que soit l'âge, l'apparition d'un changement inhabituel au niveau d'un sein doit conduire à consulter un professionnel de santé.
Prévention, détection précoce, recherche et amélioration des traitements ont déjà permis de faire reculer la mortalité.
En ce 19 octobre, rappelons surtout que derrière les statistiques, le dépistage et la prévention restent des leviers essentiels pour continuer à faire progresser la lutte contre le cancer du sein. 🎗️
Women First revient sur Instagram !
.png)







Commentaires