LA NEWS DE WOMEN FIRST #187
- il y a 14 heures
- 6 min de lecture

Le thème de la semaine
Sophie Adenot, nouvelle étoile française dans l’espace 🚀
À 43 ans, Sophie Adenot a décollé vendredi à 11h15 depuis Cap Canaveral à bord d’une Falcon 9 de SpaceX, direction la Station Spatiale Internationale.
Elle y restera huit à neuf mois, mènera près de 200 expériences scientifiques et deviendra la deuxième femme française à rejoindre l’ISS, 25 ans après le dernier vol de Claudie Haigneré en janvier 2001.
Un moment historique… et l’aboutissement d’un rêve d’enfance.
Un rêve né à l'âge de 14 ans ✨
Née en juillet 1982 dans la Nièvre (58), Sophie Adenot découvre sa vocation très tôt.
À 14 ans, elle voit Claudie Haigneré s’envoler vers la station Mir.
Elle découpe alors tous les articles la concernant et les colle face à son bureau.
Une source d’inspiration permanente.
Son parcours est à la hauteur de l’ambition :
👉 Bac au lycée de la Légion d’Honneur
👉 Classe préparatoire puis ISAE-Supaero (mécanique de vol aérospatiale), même école que Thomas Pesquet 😉
👉 Master au MIT en 2004
👉 Ingénieure chez Airbus Helicopters
👉 Entrée dans l’armée en 2005
👉 Première femme pilote d’essais sur hélicoptères en France
En 2022, elle candidate à l’ESA : 22.500 prétendants, 17 astronautes sélectionnés.
Après un an et demi de formation à Cologne, elle devient officiellement la seconde spationaute tricolore.
Une mission scientifique d’ampleur 🧪
Son séjour pourrait être le plus long jamais réalisé par un astronaute de l’ESA suite au retour anticipé du précédent équipage en raison d'un problème de santé d'un des membres.
Au programme de Sophie :
- Près de 200 expériences pour préparer les futures missions lunaires et martiennes
- Test d’EchoFinder, système échographique autonome dopé à la réalité augmentée et à l’IA (développé par le CNES)
- Projet éducatif “ChlorISS” avec 4.500 établissements scolaires français, pour faire germer des plantes simultanément sur Terre et dans l’ISS
- Analyses microbiotiques pour mieux contrôler le développement de micro-organismes
Le tout rythmé par 2h30 de sport quotidien (pour ne pas perdre trop de masse musculaire) et les fameuses tâches du “job jar”, la liste des missions à effectuer quand le planning le permet.
Une sortie dans l’espace ? 🌌
Les sorties extravéhiculaires ne sont jamais garanties : elles dépendent du programme de la NASA.
Cette année, au moins deux sont prévues entre le printemps et l’été pour l’entretien des panneaux solaires de l’ISS.
Une opportunité possible pour Sophie Adenot.
Son instructeur l’espère.
Thomas Pesquet en avait réalisé trois, dont une marquée par un incident technique sur la combinaison de son coéquipier.
De la Nièvre à l’ISS, Sophie Adenot incarne une trajectoire d’excellence et de persévérance. 🚀
Huit à neuf mois en orbite, près de 200 expériences, des milliers d’élèves mobilisés : une mission scientifique majeure… et un symbole puissant pour toute une génération.
La news de la semaine
Esther Duflo, une œuvre de vie au service de l’impact 🏆
En 2019, Esther Duflo entre dans l’histoire : à 46 ans, elle devient la plus jeune personne et seulement la seconde femme à recevoir le prix Nobel d’économie, aux côtés d’Abhijit Banerjee et Michael Kremer.
Leur contribution ?
Avoir popularisé l’usage des essais randomisés contrôlés pour évaluer concrètement les politiques de lutte contre la pauvreté.
Professeure au MIT, cofondatrice et codirectrice du J-PAL (Abdul Latif Jameel Poverty Action Lab), elle incarne une vision exigeante d’une économie tournée vers des résultats mesurables et un impact réel.
De la vocation humaniste à l’économie expérimentale 🌍
Petite, Esther Duflo ne se destinait pas à l’économie.
Sensibilisée très tôt à la pauvreté; sa mère était pédiatre et bénévole auprès d’enfants victimes de guerre; elle voulait simplement « aider ».
C’est lors d’une année en Russie, au moment de la transition du communisme au capitalisme, qu’elle découvre le rôle central des économistes dans les décisions publiques.
Elle comprend alors qu’elle peut être chercheuse, fidèle à sa personnalité, tout en ayant un impact concret sur le monde.
Tester pour mieux agir 🔬
Pourquoi l’expérimentation scientifique a-t-elle mis si longtemps à s’imposer en économie ?
Parce qu’on pensait cela trop complexe et trop coûteux.
Or, souligne-t-elle, poursuivre une mauvaise politique pendant des années coûte bien plus cher.
Au départ, tout était fait “à la main”.
Puis le J-PAL est né pour structurer et faciliter ces expérimentations. Résultat : un réseau mondial qui, fin 2025, avait touché 650 millions de personnes.
Le Nobel récompense moins une découverte isolée qu’un impact global sur la discipline et cette transformation méthodologique en est la preuve.
Le pouvoir de la collaboration 🤝
Le succès ne repose pas sur un duo, mais sur une intelligence collective.
Concevoir une expérience, la mettre en œuvre, analyser les données, interpréter les résultats : cela exige des compétences multiples.
Pour Esther Duflo, l’influence d’un économiste ne vient pas d’un article plus savant que les autres, mais de sa capacité à faciliter une évolution du système.
Travail, engagement et vie personnelle ⚖️
Enseignement, recherche, conseils politiques, voyages, écriture… et deux enfants.
Elle le reconnaît avec franchise : concilier tout cela n’est pas simple.
Les étudiants passent en priorité, et à la maison, le travail fait partie intégrante de la vie.
Avec son mari, ils considèrent exercer “les meilleurs emplois du monde”.
Pas de cloisonnement strict : son travail est indissociable de son engagement.
Le focus de la semaine
Claire Carette : « Sans un conjoint qui accepte de se mettre en retrait, les femmes médecins ne peuvent pas y arriver » 🩺
Diabétologue et nutritionniste à l’Hôpital Georges-Pompidou, professeure à l’Université Paris Cité, membre de l’association Donner des ELLES à la santé…
À 51 ans, Claire Carette conjugue soin, recherche et enseignement.
Mais son parcours met en lumière une réalité encore bien ancrée : la carrière hospitalo-universitaire reste plus difficile pour les femmes.
Un parcours d’excellence… sous contraintes 🎓
Entrée en faculté en 1992, dans une promotion composée à plus de 50% d’étudiantes, elle constate déjà un décalage :
👉 En 1999, lors du choix de spécialité, elles sont 80% de femmes.
👉 Pourtant, tous les chefs de service sont des hommes.
Pour devenir PU-PH (professeure des universités – praticienne hospitalière), Claire Carette a passé deux thèses, obtenu son HDR, publié dans des revues internationales… tout en ayant deux enfants.
Son constat est clair : sans un conjoint prêt à se mettre en retrait, il est très difficile pour une femme médecin, avec de jeunes enfants et des responsabilités, d’accéder à ces postes.
Certaines de ses consœurs ont vu leur carrière freinée.
La nouvelle génération, elle, refuse cette fatalité.
Des chiffres qui interpellent 📊
En 2026, seulement 22% des PU-PH sont des femmes.
Et lorsqu’elles y accèdent, c’est en moyenne deux ans plus tard que les hommes :
👉 46 ans pour les femmes
👉 44 ans pour les hommes
Des écarts liés à des carrières « hachées » et à une charge domestique encore majoritairement assumée par elles.
Comment faire bouger les lignes ? 🚀
Pour Claire Carette, le mentorat est clé.
Être accompagnée par une femme aurait facilité son propre parcours.
Aujourd’hui, elle encourage les jeunes médecins à assumer leur ambition et à ne pas s’autocensurer.
Elle met aussi en garde contre une forme de plafonnement insidieux : proposer aux femmes des postes de maîtresses de conférences en leur laissant entendre que « c’est déjà bien ».
Enfin, elle plaide pour des carrières pensées par séquences :
- Se concentrer à certains moments sur la recherche
- A d’autres sur l’enseignement ou le soin
Une organisation plus flexible permettrait à davantage de femmes d’accéder à ces fonctions exigeantes, mais hautement valorisantes.
Post LinkedIn of the week "Women First"
À seulement 11 ans, Mariame a déjà écrit son premier livre, un recueil de 16 contes intitulé "Les Contes de M'boh". ⬇️
Mariame impressionne déjà par sa maturité et son imaginaire foisonnant.
Elle vient de publier son tout premier ouvrage, un recueil de 16 contes intitulé 𝘓𝘦𝘴 𝘊𝘰𝘯𝘵𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘔’𝘣𝘰𝘩, né d’une passion précoce pour la lecture et l’écriture.
Derrière ces histoires se dessine un univers riche, peuplé de personnages attachants, d’aventures initiatiques et de leçons de vie inspirées à la fois de son quotidien et de récits transmis par son entourage.
À travers ses contes, Mariame explore des thèmes universels; le courage, l’amitié, la persévérance; avec une sensibilité étonnante pour son âge.
Curieuse, disciplinée et déterminée, la jeune écrivaine consacre une partie de son temps libre à écrire, relire et affiner ses textes.
Pour elle, l’écriture est à la fois un refuge et un moyen d’exprimer sa créativité.
Women First revient sur Instagram !
.png)





Commentaires