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LA NEWS DE WOMEN FIRST #203

  • 17 juin
  • 8 min de lecture


Le thème de la semaine

IA générative : pourquoi les salariés se sentent parfois menacés 🤖 


L’IA générative promet de nous faire gagner du temps, d’automatiser les tâches répétitives et de devenir un copilote du quotidien.


Sur le papier, tout va bien.


Dans la vraie vie de bureau, c’est un peu plus nuancé.


Car lorsque l’IA commence à réaliser des tâches créatives, techniques ou relationnelles, certains salariés ne voient pas seulement un nouvel outil.


Ils voient une question beaucoup plus intime : quelle est encore ma valeur dans l’organisation ?


 

Trois besoins psychologiques en jeu 🧠 


Pour comprendre les réactions face à l’IA générative, il faut regarder trois besoins essentiels au travail :

- La compétence, c’est-à-dire le sentiment d’être capable et utile

- L'autonomie, c’est-à-dire le sentiment de garder la main sur son travail

- Le lien, c’est-à-dire le sentiment d’avoir des relations humaines fortes et significatives


Lorsque l’IA renforce ces trois dimensions, elle est perçue comme un outil utile.


Mais lorsqu’elle les menace, elle peut provoquer anxiété, résistance, désengagement, voire sabotage.


Une enquête menée en 2025 dans 25 secteurs et 8 pays montre que 46% des PDG pensent que la plupart des employés sont réticents ou ouvertement hostiles à l’usage de l’IA générative au travail.


Autre chiffre parlant : 85% des leaders et 78% des managers utilisent régulièrement l’IA générative, contre seulement 51% des employés.


Le fossé est donc bien réel.

 


Compétence, autonomie, lien : quand l’IA rassure… ou inquiète ⚡ 


Côté compétence, l’IA peut permettre à chacun d’aller plus loin.


89% des décideurs seniors estiment qu’elle améliore les compétences des employés.


Mais l’inquiétude existe aussi : 71% pensent que l’IA générative pourrait conduire à une forme d’atrophie des compétences, voire remplacer certaines tâches.


Côté autonomie, l’IA peut alléger la charge mentale en automatisant des tâches répétitives.


Dans un exemple médical, un modèle d’IA a identifié des cas urgents en 24 secondes, contre 24,5 minutes en moyenne pour un humain.


Mais si l’IA est imposée sans discussion, les salariés peuvent avoir le sentiment d’être enfermés dans une “cage algorithmique”, où leur jugement compte moins que la procédure.


Côté lien social, l’IA peut libérer du temps pour les interactions humaines.


Mais elle peut aussi isoler, réduire la collaboration et créer des tensions entre générations.


Les plus jeunes peuvent voir l’IA comme un réflexe naturel.


Les plus expérimentés peuvent y voir une perte de savoir-faire.


Et très vite, chacun soupçonne l’autre de mal l’utiliser.


Ambiance open space garantie.


 

Résistance, usage caché et besoin de confiance 🚨 


Quand l’IA est mal intégrée, les réactions peuvent être fortes.


Une enquête menée en 2025 auprès de 1.600 travailleurs de la connaissance aux États-Unis, dont la moitié occupait des postes de direction, révèle que 31% des répondants admettent travailler activement contre les initiatives IA de leur entreprise.


Chez les salariés de la génération Z, ce chiffre monte à 41%.


Autre signal : 54% des personnes interrogées déclarent qu’elles utiliseraient des outils d’IA sans approbation officielle.


Et près d’un tiers, soit 32%, cachent leur usage de l’IA à leur employeur.


Pourquoi ?

36% veulent garder un avantage secret.

30% veulent éviter d’être licenciés.

27% cherchent à limiter leur syndrome de l’imposteur ou à éviter que leurs collègues doutent de leurs capacités.


Autrement dit : le problème n’est pas seulement technologique. Il est aussi émotionnel, social et managérial.

 


5 étapes pour mieux intégrer l’IA générative au travail 🧩 


1️⃣ Écouter les craintes des salariés

L’IA peut toucher des sujets sensibles : la compétence, l’autonomie, la place dans l’équipe.

Le premier réflexe doit donc être simple : ouvrir le dialogue, écouter les inquiétudes et ne pas les minimiser.


2️⃣ Repérer les signaux faibles

Évitement, retrait, désengagement, refus de certaines tâches, usage caché de l’IA…

Ces comportements peuvent révéler une inquiétude plus profonde.


3️⃣ Former et accompagner vraiment

Le besoin est énorme : seuls 36% des employés se sentent correctement formés à l’IA générative.

Et 52% des décideurs informatiques déclarent ne pas savoir précisément comment former les collaborateurs.

Pourtant, la montée en compétences est une priorité pour 80 % des directeurs techniques et systèmes d’information, et pour 57 % des P-DG.


4️⃣ Repenser les rôles avec l’IA

L’objectif n’est pas d’ajouter l’IA partout, sans réflexion.

Il faut identifier ce qu’elle peut automatiser, et ce qui doit rester profondément humain : créativité, jugement, empathie, esprit critique.


5️⃣ Associer les salariés aux décisions

L’IA sera mieux acceptée si les collaborateurs comprennent comment elle est utilisée et pourquoi.

Transparence, participation et co-construction sont essentielles pour en faire un vrai outil de confiance. 

La news de la semaine

Une première historique dans l’armée de Terre : Fanny Peluttiero prend la tête du 503e régiment du Train 🎖️

 

À 41 ans, le lieutenant-colonel Fanny Peluttiero devient la première femme cheffe de corps de l’histoire de l’arme du Train.


Mercredi, à Garons (30), elle a officiellement pris le commandement du 503e régiment du Train, succédant au colonel Nicolas Vergos.


Une nomination hautement symbolique, mais surtout une nouvelle étape opérationnelle pour cette unité gardoise au rôle aussi discret qu’essentiel : assurer l’acheminement des hommes, des matériels et des ressources nécessaires aux forces engagées.


 

Un régiment clé pour la logistique militaire 🚚 


Le 503e RT entre dans une période particulièrement intense.


Le régiment compte aujourd’hui 900 militaires d’active et 250 réservistes.


Dès le 1er juillet, 550 militaires intégreront l’Allied Reaction Force de l’Otan, une force placée en alerte pendant un an, capable d’intervenir rapidement en cas de crise touchant un pays membre de l’Alliance.


Autre rendez-vous majeur : le 14 juillet.


Près de 90 militaires du régiment défileront sur les Champs-Élysées, une première pour le 503e RT depuis plusieurs années.


 

Deux années intenses avant une nouvelle page 💪 


Fanny Peluttiero succède au colonel Nicolas Vergos, qui aura commandé le régiment pendant 2 ans.


Sous son commandement, le 503e RT a participé à plusieurs engagements importants : l’opération Sentinelle en région parisienne, l’exercice Dacian Fall en Roumanie, puis Orion 2026, à l’issue duquel l’unité a été déclarée apte à l’engagement sans restriction.


Ces deux années ont aussi été marquées par une épreuve humaine forte : au printemps 2025, le régiment a perdu 3 militaires et 1 membre du personnel civil en l’espace de 2 mois.


Dans ce moment difficile, l’unité a su faire bloc.

 


Compétence, commandement et haute intensité 🎯 


Formée à Saint-Cyr puis à l’École de guerre, Fanny Peluttiero a construit l’essentiel de sa carrière dans l’arme du Train, notamment au 511e régiment du Train à Auxonne, avant plusieurs postes de responsabilité en région parisienne.


Son arrivée intervient dans un contexte où l’armée de Terre renforce sa préparation à des engagements de haute intensité.


Pour elle, le commandement repose avant tout sur les compétences, les qualités humaines et la capacité à rester soi-même.


 

Ce qu’il faut retenir ✨ 


Cette nomination est une première historique.


Mais elle raconte aussi quelque chose de très concret : les femmes prennent leur place dans tous les espaces de responsabilité, y compris dans les univers les plus exigeants et les plus opérationnels.


À la tête d’un régiment de 1.150 militaires d’active et réservistes, Fanny Peluttiero ouvre une nouvelle page pour le 503e RT.


Et parfois, l’histoire avance au pas cadencé.


Le focus de la semaine

Sarah Ourahmoune veut faire de la boxe un outil d’émancipation pour les filles et les femmes 🥊 


Et si monter sur un ring permettait aussi de reprendre confiance, de retrouver sa voix et d’oser prendre sa place ?


Pour Sarah Ourahmoune, la boxe n’est pas seulement un sport de combat.


C’est un espace d’expression, de construction intérieure et parfois même de réparation.


Vice-championne olympique à Rio, multiple championne de France et d’Europe, elle défend une conviction forte : les femmes peuvent, elles aussi, se battre avec les poings. 


Et cela peut avoir beaucoup de sens.


 

La boxe comme révélateur de confiance 💪 


Issue d’une famille modeste d’origine algérienne, Sarah Ourahmoune raconte avoir grandi avec un sentiment de vulnérabilité.


Petite, introvertie, avec la peur d’être agressée, notamment par des hommes, elle découvre les arts martiaux grâce à sa mère, qui y voit un moyen de gagner en confiance.


Son premier combat devient une révélation.


Sur le ring, elle découvre un sport exigeant, beaucoup plus subtil qu’il n’y paraît : une discipline où l’intelligence, les émotions, la maîtrise de soi et la rigueur comptent autant que la puissance.


La boxe devient alors un véritable “sérum de vérité” : un endroit où les masques tombent et où l’on apprend à se tenir debout.

 


Transmettre aux filles dès le plus jeune âge 👧 


Aujourd’hui, Sarah Ourahmoune veut transmettre cette force aux plus jeunes.


Chaque année, près de 400 jeunes âgés de 10 à 17 ans sont accueillis dans les programmes qu’elle développe.


Elle accompagne aussi des femmes aux profils très variés : mères isolées, cadres dirigeantes, demandeuses d’emploi, femmes ayant subi ou traversant des violences.


L’objectif est simple : se remobiliser par le corps, le collectif, la posture et la voix.


Et le constat revient souvent : beaucoup de femmes aux parcours remarquables doutent encore de leurs compétences.

 


Un décrochage sportif préoccupant chez les adolescentes ⚠️ 


Son engagement s’inscrit dans un contexte plus large.


En France, 45,2% des adolescentes renoncent à la pratique sportive avant l’âge de 15 ans.


Sarah Ourahmoune y voit un “décrochage structurel grave”, lié notamment aux contraintes sociales, à la puberté ou encore à l’influence des réseaux sociaux.


Pour inverser la tendance, elle plaide pour une initiation au sport très tôt, dès la maternelle, et pour une meilleure sensibilisation des parents à ses bénéfices : physiques, mentaux et sociaux.


Car le sport n’est pas seulement une affaire de performance.


C’est aussi une manière d’apprendre à s’engager régulièrement pour soi-même.


 

Une histoire encore récente pour les femmes 🥇 


La place des femmes dans la boxe reste une conquête relativement récente.


Dès la fin du 19e siècle, des pionnières avaient déjà défié les conventions.


Mais il a fallu attendre presque 100 ans pour que les barrières tombent vraiment.


En France, les femmes n’ont obtenu le droit de pratiquer la boxe en compétition qu’en 1999.


Et la reconnaissance olympique est arrivée seulement aux Jeux de Londres, en 2012.


Autrement dit : ce qui paraît évident aujourd’hui ne l’était pas du tout hier.

Inspirez-vous en rencontrant des rôles modèles ou femmes aux responsabilités en intégrant le Women First Club ?

 


Post LinkedIn of the week "Women First"

 

Quand la loi condamnait les femmes, Gisèle Halimi a choisi de mettre la loi elle-même au procès. ⬇️

   



𝗚𝗶𝘀𝗲̀𝗹𝗲 𝗛𝗮𝗹𝗶𝗺𝗶, 𝗰’𝗲𝘀𝘁 𝗻𝗼𝘁𝗮𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 :

👉 Une avocate née en 1927 à La Goulette, en Tunisie

👉 Une femme qui s’inscrit au Barreau de Tunis en 1949, puis au Barreau de Paris en 1956

👉 Une juriste qui refuse l’idée d’un droit neutre quand il reproduit des injustices

👉 Une voix qui défend les femmes, les minorités, les militants indépendantistes et les victimes de violences

👉 Une conviction forte : le droit peut devenir un levier de transformation sociale

Pour Gisèle Halimi, plaider n’était pas seulement défendre un dossier.

C’était défendre une cause.


 

𝗟𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗲̀𝘀 𝗱𝗲 𝗕𝗼𝗯𝗶𝗴𝗻𝘆 𝗰𝗵𝗮𝗻𝗴𝗲 𝘁𝗼𝘂𝘁.


En 1972, elle défend Marie-Claire Chevalier, une adolescente poursuivie pour avoir avorté après un viol.


Mais Gisèle Halimi va plus loin.


Elle transforme ce procès en acte politique.

👉 Elle met en accusation une loi injuste

👉 Elle dénonce la clandestinité imposée aux femmes

👉 Elle défend le droit de disposer de son corps

👉 Elle contribue à faire basculer l’opinion publique


La relaxe de Marie-Claire Chevalier devient un tournant.


Le procès de Bobigny ouvre la voie au combat qui mènera à la loi Veil de 1975.


 

𝗨𝗻𝗲 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗯𝗮𝘁 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻


Gisèle Halimi, c’est aussi :

👉 La cofondatrice de Choisir la cause des femmes en 1971

👉 Une signataire du Manifeste des 343

👉 Une militante du droit à l’avortement

👉 Une voix majeure contre les violences sexuelles

👉 Une députée élue en 1981

👉 Une femme qui porte l’égalité jusque dans l’hémicycle, notamment autour du remboursement de l’IVG


Autrice, avocate, militante, femme politique : Gisèle Halimi n’a jamais séparé la parole de l’action.


Elle n’a pas seulement défendu des femmes.


Elle a changé les règles du jeu.


Et rappelé qu’un procès peut parfois devenir le point de départ d’une révolution.




Women First revient sur Instagram !



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