LA NEWS DE WOMEN FIRST #205
- 1 juil.
- 7 min de lecture

Le thème de la semaine
La paix a urgemment besoin des femmes 🕊️
Dans les négociations de paix, il manque encore beaucoup trop souvent la moitié de l’humanité.
Aujourd’hui, + de 90% des participants aux négociations sont des hommes.
Les femmes représentent très souvent moins de 10% des personnes présentes autour de la table.
Un constat encore plus frappant : 9 processus de paix sur 10 se sont déroulés sans aucune femme.
Aucune !
Autrement dit, dans un monde où les conflits se multiplient, décider de la paix reste encore très largement une affaire d’hommes.
Une erreur stratégique ⚠️
L’absence des femmes n’est pas seulement une injustice.
C’est aussi une erreur stratégique.
Les conflits actuels frappent désormais à 90% des civils, majoritairement des femmes et des enfants.
Leur nombre aurait même été multiplié par 4 en 2 ans.
Celles qui subissent de plein fouet les conséquences des guerres devraient donc être pleinement associées aux discussions pour construire la paix.
Et les chiffres le confirment : lorsque les femmes participent aux processus de paix, les accords ont plus de chances d’aboutir et de durer.
Leur présence augmente en moyenne de 35% les chances qu’un accord tienne au moins 14 ans.
Pas exactement un détail.
La mixité doit être réelle 🤝
Mais attention : ajouter une ou deux femmes autour de la table ne suffit pas.
Pour que leur influence soit réelle, la mixité doit atteindre un seuil significatif.
En dessous de 35%, le pouvoir des femmes peut rester marginal : elles sont moins consultées, moins écoutées, et peuvent être poussées à s’aligner sur les codes dominants.
En revanche, lorsque la mixité est réelle, elle change la dynamique des décisions.
L’exemple du Rwanda, après le génocide de 1994, montre combien les femmes peuvent devenir des piliers de reconstruction nationale, de prévention des conflits et de consolidation de la paix.
La paix n’est pas une faiblesse 🌍
Choisir la paix n’a rien de naïf.
C’est un engagement exigeant, lucide et profondément responsable.
Partout, les femmes portent, soignent, protègent, accompagnent.
Elles mesurent concrètement le prix de la vie et les ravages de la guerre.
Les exclure des processus de paix ne pénalise donc pas seulement les femmes.
Cela pénalise aussi les hommes, les familles, les sociétés entières.
Ce qu’il faut retenir ✨
Si nous voulons des accords plus solides, des sociétés plus stables et une paix plus durable, il faut cesser de considérer la présence des femmes comme un supplément d’âme.
La mixité n’est pas une option symbolique.
C’est une condition d’efficacité.
Parce que la paix ne se construira pas durablement avec la moitié de l’humanité laissée devant la porte.
La news de la semaine
Recrutement dans la tech : et si le problème n’était pas le “manque de femmes”, mais la façon de recruter ? 💻
Les femmes sont nombreuses à vouloir travailler dans la tech.
Mais encore faut-il que les offres d’emploi et les processus de recrutement leur donnent envie de candidater.
Une étude qualitative menée auprès de 100 candidates et candidats en Europe, dont 20% d’hommes, montre que les femmes perçoivent encore de nombreux biais dans le recrutement tech.
Et spoiler : ce n’est pas seulement une question de “pipeline”.
Des offres d’emploi qui découragent 📝
Premier frein : la rédaction des descriptions de poste.
64% des candidates déclarent ne pas être motivées à postuler dans la tech en raison de la manière dont les offres sont rédigées.
Trop complexes, trop exigeantes, parfois plus ambitieuses que le poste réel, elles donnent souvent l’impression qu’il faut cocher absolument toutes les cases avant d’oser envoyer son CV.
Résultat :
Là où les hommes candidatent plus vite, les femmes s’auto-censurent davantage.
Le nombre médian de candidatures nécessaires pour obtenir un premier entretien est de :
- 2 pour les hommes
- 5 pour les femmes dans la tech
- Et 30% des femmes doivent postuler à plus de 10 offres avant d’obtenir un premier entretien, contre 9% des hommes.
Des compétences à prouver encore et encore 🔍
Autre chiffre fort : 73% des femmes ressentent plus que les autres le besoin de démontrer leurs compétences.
Dans les métiers tech, cela pèse lourd.
Les femmes sont encore trop souvent perçues comme moins techniques ou moins légitimes dans les domaines scientifiques et numériques.
Les candidates évoquent aussi un sentiment de jugement plus fort, notamment lorsque les recruteurs fonctionnent à l’intuition plutôt qu’avec des critères objectifs.
Et là encore, les chiffres parlent : 63% des recruteurs déclareraient se fier à leur intuition plutôt qu’à des indicateurs objectifs.
Le problème ?
L’intuition peut vite devenir un raccourci.
Et les raccourcis, quand ils sont nourris par des stéréotypes, ferment des portes.
Des étapes de recrutement qui ne stressent pas tout le monde de la même façon 😬
Les tests techniques sont un autre point de tension.
Les femmes sont plus stressées lors des premiers tests techniques : 40%, contre 18% des hommes.
À l’inverse, les hommes déclarent davantage de stress lorsqu’ils attendent la réponse du recruteur après l’entretien : 45%, contre 11% des femmes.
Cela montre une chose : chaque étape du recrutement peut créer des biais différents, selon la manière dont elle est conçue et vécue.
Et au global, 76% des femmes travaillant dans la technologie considèrent que le processus de recrutement est influencé par les idées préconçues du recruteur.
Comment rendre le recrutement plus inclusif ? ✅
Les recommandations sont assez simples, mais encore faut-il les appliquer.
D’abord, revoir les descriptions de poste pour éviter les formulations trop masculines, trop longues ou inutilement décourageantes.
Ensuite, structurer les entretiens pour évaluer les mêmes compétences chez toutes et tous.
Il est aussi essentiel de former les recruteurs et managers aux biais inconscients, afin qu’ils ne confondent pas “feeling” et évaluation objective.
Enfin, les tests techniques méritent d’être repensés.
Les tests en direct peuvent générer beaucoup de stress, notamment chez les candidates.
Des formats plus asynchrones peuvent permettre une évaluation plus juste, plus calme et plus inclusive.
Le focus de la semaine
Agents IA : et si notre super assistant devenait un peu trop super ? 🤖
Après l’IA qui répond à nos questions, voici l’IA qui agit à notre place.
Bienvenue dans l’ère de l’IA agentique : des agents capables non seulement de converser, mais aussi d’exécuter des tâches de manière autonome.
Préparer une réunion, envoyer un message, organiser un déplacement, comparer des prix, rédiger une synthèse, créer un tableau, proposer des idées de “small talk” avant un rendez-vous…
Pratique ? Oui.
Un peu vertigineux ? Aussi.
De l’assistant à l’agent autonome 🧠
La grande différence avec l’IA conversationnelle classique, c’est que ces agents sont formés avec nos données, nos objectifs, nos méthodes, nos préférences.
En clair : ils apprennent à travailler “comme nous”.
Une professionnelle installée à San Francisco raconte par exemple avoir utilisé un agent pour organiser son déménagement : créer un tableau avec ses meubles, renommer les photos, rédiger les descriptions, fixer les prix en fonction d’un benchmark en ligne, puis publier les annonces.
Temps nécessaire : 3 minutes.
Résultat : plus de 50% des objets vendus en moins d’une semaine.
Efficace, clairement.
Une promesse de liberté… à condition de garder la main 🚀
L’idée derrière ces agents est séduisante : déléguer les tâches répétitives, administratives ou chronophages pour libérer du temps.
Demain, chacun pourrait avoir un agent pour gérer ses voyages, ses notes de frais, certaines démarches juridiques, familiales ou bancaires.
Certains imaginent même des applications capables d’accompagner les personnes de plus de 65 ans : proposer une marche, inviter une amie, réserver une table pour un anniversaire…
L’objectif affiché : moins de charge mentale, plus de liberté, plus de temps pour créer, apprendre, voir ses proches.
Mais pour que cela fonctionne, il faut éviter un piège : laisser l’IA penser, décider et orienter à notre place.
Le vrai sujet : qui décide ? ⚠️
L’agent IA peut devenir un formidable “tapis de course” intellectuel : il nous pousse à aller plus loin, à structurer nos idées, à améliorer nos décisions.
Mais si on l’utilise uniquement pour aller plus vite, sans réflexion, on risque de standardiser nos contenus, nos décisions, nos échanges… et de finir par tous “sonner” pareil.
L’enjeu est donc de nourrir l’IA avec notre pensée, notre expertise, notre sensibilité, plutôt que de lui déléguer notre discernement.
Car plus les agents deviennent autonomes, plus la question devient politique, éthique et collective.
Travail, formation, emploi : la grande transition 🧩
Les impacts sur le travail seront majeurs.
Une étude estime que l’IA pourrait remplacer à moyen terme 30% des heures travaillées et 22% des emplois.
Cela ne signifie pas nécessairement une “fin du travail”, mais cela pose une vraie question de transition : comment former massivement ?
Comment protéger les juniors, dont les premières années d’apprentissage peuvent être menacées ?
Comment éviter que l’IA accélère tout au point d’épuiser les équipes ?
Dans certains environnements, l’IA pourrait multiplier par 20 la vitesse d’exécution.
Mais plus vite ne veut pas toujours dire mieux.
La performance sans qualité, sans temps long, sans transmission et sans respiration peut vite devenir une machine à essorer les humains.
Inspirez-vous en rencontrant des rôles modèles ou femmes aux responsabilités en intégrant le Women First Club ?
Post LinkedIn of the week "Women First"
[ ROLE MODELE ] : en ce 30 juin, nous rendions hommage à Simone Veil décédée il y a 9 ans, en 2017, à l'âge de 89 ans. 🕊️
Simone Veil était une femme politique et avocate française née le 13 juillet 1927 à Nice, en France.
Elle était la plus jeune des trois enfants d'une famille juive.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Simone et sa famille ont été déportées dans le camp de concentration d’Auschwitz en 1944.
Sa mère, son père et son frère sont morts dans les camps, tandis que Simone et ses sœurs Madeleine et Denise, ont survécu.
Après la guerre, Simone a étudié le droit et les sciences politiques à l'Université de Paris et en 1970, elle devient Secrétaire Général du Conseil Supérieur de la Magistrature.
En 1974, elle est nommée ministre de la Santé, par le président Valéry Giscard d’Estaing, sous le gouvernement de Jacques Chirac.
Elle se charge alors de faire adopter la loi dépénalisant le recours à l'Interrruption Volontaire de Grossesse (IVG).
Cette loi est votée le 17 janvier 1975, il y a 49 ans.
Dès 1979, elle devient la première femme élue présidente du parlement européen.
Elle est également la première femme à occuper le poste de ministre d'État en France.
En 2008, Simone Veil reçoit le prestigieux Prix Charlemagne pour ses contributions à l'unité européenne.
Le 18 mars 2010, Simone Veil est reçue à l'Académie française par Jean d’Ormesson sous la Coupole de l'Institut de France.
Elle y occupe le treizième fauteuil de l’Académie Française.
Elle décède le 30 juin 2017 à l'âge de 89 ans et est enterrée au Panthéon à Paris, un honneur rare en France réservé aux héros nationaux.
Plébiscitée par les Français (et régulièrement citée comme étant l’une de leurs personnalités préférées), Simone Veil est une figure de l’Histoire.
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