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LA NEWS DE WOMEN FIRST #212

8 sept.
6 min de lecture

Dernière mise à jour : 9 sept.



Le thème de la semaine

Journalisme d’investigation : pourquoi imagine-t-on encore davantage un homme qu’une femme ? 🔎


Courageux, disponible à toute heure, prêt à prendre des risques et à faire passer son travail avant tout…


Dans l’imaginaire collectif, le journaliste d’investigation reste encore très souvent un homme.


Les femmes journalistes, elles, sont davantage associées aux sujets sociétaux ou plus intimes.


Une répartition des rôles qui interroge sur leur place dans l’investigation, leur visibilité et les risques auxquels elles sont confrontées.

 


Des stéréotypes qui ont la vie dure


Lorsqu’il s’agit d’enquêtes sensibles ou de terrains à risques, les mêmes représentations persistent :

👉 Aux hommes, les enquêtes dangereuses et les sujets considérés comme « durs »

👉 Aux femmes, des sujets supposés plus compatibles avec leur vie personnelle et familiale

Une vision qui peut contribuer à invisibiliser les journalistes d’investigation et à limiter les opportunités qui leur sont proposées.

 


Enquêter lorsqu’on est une femme, est-ce différent ?


Les femmes qui choisissent l’investigation sont également confrontées à une autre question : sont-elles exposées à des menaces ou à des risques spécifiques en raison de leur genre ?


Le sujet a été débattu avec Ksenia Bolchakova, journaliste d’investigation franco-russe et co-autrice d’un documentaire consacré au groupe Wagner, et Valentine Oberti, co-directrice d’une rédaction.


L’occasion d’interroger les mécanismes qui peuvent encore freiner les femmes dans un domaine historiquement associé aux hommes.

 


Faire évoluer les représentations


Cette rencontre s’est déroulée dans le cadre du Festival international de journalisme, organisé du 10 au 12 juillet 2026 à Couthures-sur-Garonne.


Pendant 3 jours, près de 100 journalistes et invités ont échangé avec le public autour de 7 grandes thématiques d’actualité.


Parmi elles, une question essentielle : comment permettre aux femmes de prendre pleinement leur place dans le journalisme d’investigation, y compris sur les terrains et les enquêtes les plus exposés ?


Parce qu’ici encore, la première étape pour faire bouger les lignes consiste peut-être à arrêter d’associer certains métiers, certaines expertises ou certains risques à un genre.


La news de la semaine

Maison Nicolas : Cathy Collart Geiger se donne 5 ans pour transformer une institution de plus de 200 ans ! 🍷


À la tête de Maison Nicolas depuis avril 2025, Cathy Collart Geiger s’est fixé une mission ambitieuse : réinventer le premier réseau français de cavistes pour séduire une clientèle plus jeune et plus féminine.


Un défi de taille dans un marché où la consommation a reculé de 60% en 40 ans et où l’enseigne a perdu 30% de sa clientèle en 10 ans.

 


5 ans pour transformer l’entreprise


Depuis l’été 2025, la dirigeante déploie un vaste plan de transformation.

Le 30 juin, elle inaugure à Saint-Ouen un nouveau concept de boutique avec une offre élargie :

👉 Boissons sans alcool

👉 Bières et cocktails prêts à consommer

👉 Champagnes et crémants

👉 Formats plus adaptés aux nouveaux modes de consommation


L’objectif : répondre aux attentes d’une clientèle qui évolue, mais aussi s’adapter aux transformations des villes et des habitudes d’achat.

 


Le numérique comme autre levier de croissance


Autre chantier majeur : accélérer fortement sur le digital.


Aujourd’hui, seulement 1,6% du chiffre d’affaires est réalisé en ligne, contre 12% en moyenne pour les autres enseignes.


Le site Internet et l'application doivent donc évoluer.


Les formats sont également repensés, avec notamment les demi-bouteilles ou les cubitainers, dans un contexte où les foyers composés d’une seule personne sont de plus en plus nombreux.


Cathy Collart Geiger s’appuie pour cela sur son expérience de transformation acquise durant ses 3 années à la tête de Picard.

 


Les femmes prennent leur place dans le monde du vin


Cette nomination illustre aussi une évolution plus large d’un secteur longtemps très masculin.


En 2023, Cathy Collart Geiger était déjà devenue la première femme à diriger un groupe français de distribution alimentaire.


Et dans le vin, les lignes bougent :

👉 1 œnologue sur 3 est aujourd’hui une femme

👉 Les femmes représentent désormais 50% des élèves en formation d’œnologie

👉 30% des chefs d’exploitation viticole sont des femmes


Une étude américaine montre même que les consommatrices seraient prêtes à payer légèrement plus cher pour un vin identifié comme « fait par des femmes ».


Des chiffres encourageants qui montrent que, dans le vin aussi, la féminisation progresse - jusque dans les postes de direction. 🍇


Le focus de la semaine

Le Goût de la framboise investit le Théâtre des Béliers Parisiens pour nous embarquer dans un récit haletant, entre prison, science et conquête de liberté. ⬇️

 

📍 Théâtre des Béliers Parisiens

🎭 Le Goût de la framboise

📆 Du mercredi au samedi à 21h

 

Écrit par Raphaële Volkoff et mis en scène par Martin Darondeau, le spectacle nous fait voyager entre deux époques et deux destins de femmes.


Été 1998. Stella, 19 ans, est incarcérée en centre de détention. Privée d’avenir et confrontée à la violence du monde carcéral, elle va devoir partager sa cellule avec une femme de quarante ans son aînée.


Automne 1975. Marcelle, jeune chercheuse en astrophysique, est sur le point de faire une découverte scientifique majeure, alors même que tout semble réuni pour l’empêcher de réussir.


 

Deux femmes, deux époques, deux univers… et une même quête : être libre.


Au fil des allers-retours entre les époques, les lieux et les intrigues, Le Goût de la framboise se transforme en véritable jeu de piste, où l’histoire de Marcelle et celle de Stella se répondent et se dévoilent progressivement.


Mais au-delà du suspense, la pièce pose une question essentielle : quelle place laisse-t-on aux femmes lorsqu’elles cherchent à s’affranchir des cadres qu’on leur impose ?


Science, domination, violence, transmission, amitié et sororité se croisent dans un spectacle qui interroge la place des femmes à travers les décennies, sans jamais perdre son rythme ni son émotion.


Un thriller scientifique et carcéral, mais surtout une histoire d’amitié et de transmission entre deux femmes, portée par une troupe de six comédiens et comédiennes.


Le spectacle, salué au Festival Off d’Avignon, arrive à Paris avec une promesse simple : nous faire rire peut-être, nous surprendre certainement, mais surtout nous faire sortir de la salle avec des questions, des combats et de l’espoir.


Dans ce cadre, les membres du Women First Club auront la possibilité de se voir offrir des places pour assister au spectacle et partager ensemble cette aventure théâtrale, aussi intense qu’engagée.



Le Goût de la framboise : quand le théâtre raconte les femmes qui refusent de renoncer à leur liberté. 🍓


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De 1927 à 2017 : 90 ans séparent ces deux photos.

En 1927, Marie Curie était la seule femme sur 29 scientifiques. ⬇️

      


En octobre 1927, 29 scientifiques se réunissent à Bruxelles pour la 5e conférence Solvay, consacrée aux électrons et aux photons.


Sur la photographie devenue iconique, on reconnaît Albert Einstein, Niels Bohr, Max Planck, Werner Heisenberg, Erwin Schrödinger, Paul Dirac…


Parmi les 29 participants, 17 avaient déjà reçu ou recevraient plus tard un prix Nobel.

Et au milieu de ces 28 hommes, une seule femme : Marie Curie.


90 ans plus tard, le 14 septembre 2017, une autre photographie est prise à l'Université de Trente, en Italie.


Cette fois, la composition est inversée : 28 physiciennes et un physicien.

 


Une photo pensée comme un symbole


Ce choix n’a rien d’un hasard.


La photographie de 2017 a été prise à l’issue d’une session du congrès de la Société italienne de physique consacrée à la place et aux carrières des femmes dans la discipline.


L’objectif était de rendre visibles les physiciennes, valoriser leur contribution à la recherche et rappeler l’importance des rôles modèles féminins dans les sciences.


La composition de l’image a donc été volontairement pensée comme un miroir de celle de 1927 : 28 femmes et un homme, là où Marie Curie était la seule femme parmi 28 hommes.

Un symbole particulièrement fort entre ces deux photos à 90 ans d’écart.


 

Rendre visibles celles qui sont déjà là


Cette seconde photographie ne signifie évidemment pas que les femmes sont devenues majoritaires en physique.


Et c’est justement ce qui la rend intéressante.


Car la représentation ne consiste pas seulement à compter celles et ceux qui sont présents.


Elle consiste aussi à s’interroger sur celles et ceux que l’on voit, que l’on valorise et que l’on érige en références.


Qui incarne l’excellence ? Qui devient un rôle modèle ? Dans qui les générations suivantes peuvent-elles se projeter ?


En 1927, Marie Curie était seule parmi 28 hommes.


En 2017, les organisateurs ont choisi d’inverser symboliquement l’image pour rappeler une réalité : les physiciennes sont là, elles contribuent à la recherche et elles ont toute leur place dans le paysage scientifique.




Women First revient sur Instagram !



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