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LA NEWS DE WOMEN FIRST #213

il y a 2 jours
7 min de lecture


Le thème de la semaine

The Last of the Sea Women : ces plongeuses sud-coréennes qui se battent pour préserver leur héritage. 🌊


Sur l’île de Jeju, en Corée du Sud, une communauté de femmes perpétue une tradition aussi spectaculaire que fragile : celle des haenyeo, des plongeuses qui descendent en apnée pour récolter des produits de la mer.


Sorti en 2024, le documentaire The Last of the Sea Women, réalisé par Sue Kim, raconte leur combat pour préserver cette culture menacée de disparition.


 

Une tradition portée aujourd’hui par des femmes de plus de 60 ans


À Jeju, les haenyeo suivies dans le documentaire ont toutes plus de 60 ans.


Depuis des générations, elles plongent sans bouteille pour vivre des ressources de l’océan, dans un métier exigeant où les femmes occupent une place centrale.


Mais la relève existe encore.


À environ 150 miles de Jeju, sur l’île de Geoje, des plongeuses âgées de 20 à 30 ans poursuivent cette tradition et utilisent également les réseaux sociaux pour la faire connaître.

 


Une culture confrontée à de nouvelles menaces


Le documentaire ne raconte pas seulement la transmission d’un métier.


Il replace aussi le destin des haenyeo dans un contexte environnemental et politique plus large, notamment lorsque le Japon annonce son projet de rejeter dans l’océan de l’eau traitée provenant de la centrale nucléaire de Fukushima.


Une décision qui inquiète directement les plongeuses, dont la santé et les revenus dépendent de l’état de la mer.


Le film devient ainsi autant un portrait de femmes remarquables qu’un récit sur la protection d’un patrimoine et d’un environnement fragiles.


 

Un documentaire largement salué


Présenté pour la première fois le 8 septembre 2024 au Festival international du film de Toronto, The Last of the Sea Women y a remporté le prix NETPAC.


D’une durée de 87 minutes, le documentaire a également reçu un très bon accueil critique :

👉 97% d’avis positifs sur la base de 34 critiques

👉 Une note de 63/100 à partir de 4 critiques sur un autre agrégateur

👉 Une note du public de 6,7/10


Le film a également suscité quelques réserves sur sa manière de raconter l’histoire et le quotidien contemporain de Jeju.


Mais il met surtout en lumière des femmes déterminées à défendre bien plus qu’un métier : une culture, une communauté et un héritage transmis de génération en génération.


Une belle histoire de femmes qui refusent de voir disparaître ce qu’elles ont mis toute une vie à préserver. 💪


La news de la semaine

Daniela Amodei : la femme à 15,5 milliards de dollars qui veut rendre l’IA plus responsable 🤖


À 39 ans, Daniela Amodei est présidente et cofondatrice d’Anthropic, l’entreprise derrière Claude.


Une trajectoire singulière pour cette diplômée de littérature anglaise, aujourd’hui à la tête d’une entreprise valorisée 965 milliards de dollars, soit environ 833 milliards d’euros.

 


De la littérature à l’intelligence artificielle


Daniela Amodei grandit à San Francisco aux côtés de son frère Dario, son aîné de 4 ans.


Diplômée en littérature anglaise en 2009, elle explore plusieurs univers professionnels avant de rejoindre une entreprise technologique pendant 6 ans, puis OpenAI en 2018, où elle supervise notamment les équipes chargées de la sécurité et des politiques publiques.


En décembre 2020, elle quitte l’entreprise avec Dario et 5 autres collègues pour créer Anthropic, soit 2 ans avant le lancement de ChatGPT.


À Dario la direction générale et la vision technologique, à Daniela le pilotage de l’entreprise.


 

De 200 à 2.000 salariés en quelques années


La croissance est spectaculaire :

👉 Les effectifs sont passés de 200 à 2.000 personnes

👉 En 2026, Claude compte des utilisateurs par millions

👉 Le chiffre d’affaires annualisé a dépassé 47 milliards de dollars en mai

👉 La fortune de Daniela Amodei est aujourd’hui estimée à 15,5 milliards de dollars


Les 7 cofondateurs se sont par ailleurs engagés à donner à terme 80% de leur fortune.


Daniela Amodei intervient jusque dans la définition du « tempérament » de Claude, avec l’ambition de créer une intelligence artificielle offrant notamment une forme de « chaleur professionnelle ».


 

Construire l’IA tout en alertant sur ses risques


C’est tout le paradoxe de son parcours : développer l’une des IA les plus puissantes du marché tout en alertant publiquement sur les dangers potentiels de cette technologie.


Son frère Dario a ainsi signé avec plus de 1.100 professionnels du secteur un appel demandant de ralentir le déploiement des modèles les plus avancés, face au risque d’une accélération incontrôlée.


Mi-juillet, 2 modèles d’IA seraient même parvenus à sortir de leur environnement de test pour accéder à Internet, illustrant les difficultés croissantes à maîtriser certains systèmes avancés.


Une approche qui place la sécurité, la transparence et la responsabilité au cœur du projet porté par les Amodei.


Devenue mère de 2 enfants, Daniela Amodei résume son moteur par la curiosité, la capacité à apprendre dans des disciplines très différentes et la volonté d’avoir un impact.


Un parcours atypique qui l’a menée de la littérature anglaise au sommet de la révolution de l’intelligence artificielle.


Le focus de la semaine

« Plafond de mère » : 45 mesures pour que la maternité ne freine plus la carrière des femmes 👶


Retour de congé maternité, missions retirées, primes réduites, promotions qui s’éloignent…

La naissance d’un enfant continue d’avoir des conséquences très différentes sur les carrières des femmes et des hommes.


Un rapport publié le 9 septembre met un nom sur cette réalité : le « plafond de mère ».


 

Une chute de revenus de 40% après l’arrivée d’un enfant


La « pénalité maternelle » regroupe plusieurs phénomènes : discriminations liées à la grossesse, refus de promotion, baisse des primes, passage à temps partiel ou encore changement de métier.


Le résultat est particulièrement frappant :

👉 La naissance d’un enfant entraîne pour les mères une baisse de 40% du revenu salarial

👉 Pour les pères, l’impact sur les revenus est proche de zéro


Le « plafond de mère » désigne ainsi cette frontière qui apparaît lorsque la maternité ; réelle, supposée ou même anticipée ; est associée à une moindre disponibilité, mobilité ou ambition professionnelle.


Et ces biais restent bien présents : une avocate accompagnant des salariées depuis 15 ans constate encore régulièrement des changements de poste présentés comme étant faits « pour leur bien » après une maternité.


 

Le retour de congé maternité, moment particulièrement sensible


La discrimination peut commencer avant même la naissance.


Lors d’un recrutement, certaines femmes sont déjà considérées à travers le prisme d’une éventuelle future maternité et des contraintes qu’elle pourrait entraîner.


Puis, au retour du congé maternité, les difficultés peuvent se poursuivre : mise à l’écart, responsabilités réduites ou progression professionnelle ralentie.


Un sujet déjà documenté en 2023, notamment autour des difficultés rencontrées lors de la reprise du travail après une grossesse.

 


45 mesures pour faire bouger les lignes


Le rapport propose 45 mesures pour lutter contre cette pénalité.


Parmi elles :

👉 Dans les entreprises de plus de 50 salariés, suivre obligatoirement la carrière des mères à leur retour de congé maternité, puis 3 ans et 10 ans après la naissance

👉 Créer un droit temporaire à l’aménagement du retour au travail : télétravail, horaires adaptés…

👉 Expérimenter le partage de poste pour les fonctions à responsabilités afin d’éviter le temps partiel subi et le déclassement professionnel

👉 Intégrer le suivi de la rémunération des mères à l’index de l’égalité professionnelle

L’objectif est clair : ne plus considérer la maternité comme un sujet individuel, mais comme un véritable enjeu d’égalité professionnelle.


Car devenir mère ne devrait jamais signifier devenir, aux yeux de l’entreprise, moins disponible, moins ambitieuse ou moins légitime pour progresser.


Post LinkedIn of the week "Women First"

 

Pour la première fois, une femme pourrait devenir la 10e secrétaire générale de l’ONU ! ⬇️

 


Depuis la création de l’Organisation des Nations unies, il y a plus de 80 ans, neuf secrétaires généraux se sont succédé :

👉 Trygve Lie, Norvège 🇳🇴 - 1946 à 1952

👉 Dag Hammarskjöld, Suède 🇸🇪 - 1953 à 1961

👉 U Thant, Birmanie 🇲🇲 , aujourd’hui Myanmar - 1961 à 1971

👉 Kurt Waldheim, Autriche 🇦🇹 - 1972 à 1981

👉 Javier Pérez de Cuéllar, Pérou 🇵🇪 - 1982 à 1991

👉 Boutros Boutros-Ghali, Egypte 🇪🇬 - 1992 à 1996

👉 Kofi Annan, Ghana 🇬🇭 - 1997 à 2006

👉 Ban Ki-moon, Corée du Sud 🇰🇷 - 2007 à 2016

👉 António Guterres, Portugal 🇵🇹 - depuis 2017


Neuf hommes.


Aucune femme.


Des dirigeants venus de plusieurs continents, avec des parcours et des expériences très différents.


Mais toujours aucune femme à la tête de l’une des institutions les plus importantes au monde.


Les femmes sont pourtant diplomates, négociatrices, cheffes de gouvernement, dirigeantes d’organisations internationales et actrices majeures de la paix.


Elles ont les compétences et ont l’expérience.


Elles ont la légitimité.


Mais lorsqu’il s’agit d’accéder aux plus hautes responsabilités, le plafond de verre reste bien présent.


 

𝗘𝘁 𝘀𝗶 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝘅𝗶𝗲̀𝗺𝗲 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗮̀ 𝗱𝗶𝗿𝗶𝗴𝗲𝗿 𝗹’𝗢𝗡𝗨 𝗲́𝘁𝗮𝗶𝘁 𝗲𝗻𝗳𝗶𝗻 𝘂𝗻𝗲 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲 ?


Le mandat d’António Guterres s’achèvera le 31 décembre 2026.


La personne qui lui succédera prendra ses fonctions le 1er janvier 2027.


À ce jour, 7 personnalités sont en lice pour diriger l’ONU.


Parmi elles, 4 femmes aux parcours de premier plan :

👉 Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili, veut faire du secrétaire général « la voix de la morale », y compris face aux grandes puissances

👉 María Fernanda Espinosa propose un système d’alerte précoce pour prévenir les conflits

👉 Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica, veut replacer l’ONU au cœur des négociations

👉 Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana et plus jeune candidate à 52 ans, souhaite renforcer le pouvoir d’action du secrétaire général

 


𝗗𝗲𝘂𝘅 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗲𝗻 𝗽𝗼̂𝗹𝗲


Lors du premier vote informel organisé par le Conseil de sécurité, deux femmes sont arrivées en tête !

- Rebeca Grynspan

- Suivie de Carolyn Rodrigues-Birkett


Rien n’est encore joué.


Plusieurs tours seront nécessaires et la personne retenue devra notamment éviter le veto de l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.


Alors, 2027 sera-t-elle enfin l’année de la première femme à la tête de l’ONU ?




Women First revient sur Instagram !



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