LA NEWS DE WOMEN FIRST #220

Le thème de la semaine
Présider un conseil d’administration : les compétences qui font la différence aujourd’hui 🎯
Le rôle de président.e de conseil d’administration s’est profondément complexifié.
Intelligence artificielle, changement climatique, instabilité politique, attentes parfois contradictoires des parties prenantes…
Dans le même temps, les conseils réunissent des profils de plus en plus diversifiés.
Résultat : les compétences qui faisaient autrefois un.e bon.ne président.e ne suffisent plus.
Moins imposer, davantage faire dialoguer
Une recherche lancée auprès de plus de 100 administrateurs d’entreprises cotées au FTSE, dont plus de 30 président.es, montre une évolution importante des attentes.
L’expérience de direction et la capacité à définir une stratégie restent utiles, mais d’autres qualités deviennent déterminantes :
👉 Synthétiser de grandes quantités d’informations
👉 Identifier les tendances dans des données complexes
👉 Écouter des points de vue divergents
👉 Réconcilier des positions parfois contradictoires
Le/la président.e devient ainsi davantage celui qui permet au collectif de prendre de meilleures décisions.
Créer une culture où chacun peut réellement contribuer
Dans un environnement où les réponses peuvent rapidement devenir obsolètes, un conseil doit pouvoir apprendre et s’adapter en permanence.
Le rôle du/de la président.e est donc de créer les conditions d’un dialogue ouvert :
👉 Installer un climat de confiance
👉 Permettre aux administrateurs d’exprimer des désaccords
👉 Encourager les débats constructifs
👉 Synthétiser les contributions pour parvenir à une décision collective
L’enjeu n’est pas d’éviter les divergences, mais de permettre au conseil de les utiliser pour progresser.
Trouver le juste équilibre avec la direction générale
Les président.es doivent également collaborer plus étroitement avec les DG, dont les responsabilités sont elles aussi devenues plus lourdes.
Ils/elles doivent savoir exercer leur autorité tout en construisant une relation de confiance, sans se substituer à la direction opérationnelle.
Une évolution qui transforme profondément la fonction.
Dans un monde plus instable et complexe, le/la président.e de conseil d’administration n’est donc plus seulement celui ou celle qui organise la gouvernance.
Il/elle devient celui/celle qui permet à un collectif de profils différents d’apprendre, de débattre et de décider ensemble.
La news de la semaine
À 67 ans, elle devient la française la plus âgée à traverser la Manche à la nage 🏊♀️
Salima Bouayad Agha a relié Douvres à Sangatte à la nage en moins de 15 heures.
Un défi d’environ 34 km réalisé sans palmes ni combinaison, après plusieurs mois de préparation et plusieurs reports liés aux conditions météorologiques.
Une ancienne nageuse de haut niveau
Salima Bouayad Agha n’en est pas à ses premières longueurs.
Ancienne membre de l’équipe nationale algérienne de natation, elle a pratiqué la compétition à haut niveau avant de poursuivre une carrière universitaire.
Aujourd’hui maître de conférences en économie à l’Université du Mans, elle s’est entraînée plusieurs fois par semaine pendant des mois pour préparer cette traversée.
Un défi à 67 ans, sans combinaison
Le 3 octobre 2026, elle s’élance de Douvres en pleine nuit avant de rejoindre la plage de Sangatte.
À 67 ans, elle devient ainsi la française la plus âgée à avoir traversé la Manche à la nage, sans palmes ni combinaison.
Une performance qui montre aussi qu’il n’y a pas d’âge pour continuer à se fixer des objectifs ambitieux.
« Bien vieillir, c’est continuer à oser »
Mais derrière l’exploit sportif se trouve aussi une histoire personnelle.
Salima Bouayad Agha a réalisé cette traversée en mémoire de sa mère et au profit de France Parkinson.
Son message dépasse donc largement la performance sportive : continuer à oser, quel que soit son âge.
Une belle manière de rappeler que l’expérience n’empêche pas de se lancer de nouveaux défis, elle peut aussi donner encore plus de sens à ceux que l’on choisit.
Le focus de la semaine
Santé mentale : pourquoi les femmes sont-elles davantage touchées par la dépression ? 🧠
En France, les troubles dépressifs concernent 18,2% des femmes, contre 12,8% des hommes.
Dans un nouveau rapport, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes souligne que cet écart se construit progressivement, sous l’effet des inégalités, des violences et des conditions de vie auxquelles les femmes sont davantage exposées.
Un écart qui apparaît dès l’adolescence
Les différences commencent à se creuser dès la puberté.
Entre 15 et 19 ans, l’anxiété et la dépression touchent deux fois plus les filles que les garçons.
En 2025, le taux d’hospitalisation pour tentative de suicide ou automutilation chez les filles de 10 à 19 ans a atteint 482 pour 100.000.
C’est le niveau le plus élevé, tous âges et sexes confondus, et presque deux fois supérieur à la moyenne observée entre 2012 et 2019.
Le rapport souligne notamment le poids du harcèlement scolaire, qui prend plus souvent chez les filles des formes relationnelles ou verbales : exclusion, rumeurs, mise à l’écart.
Maternité, charge mentale et précarité accentuent les risques
La maternité constitue également une période de vulnérabilité importante.
Le suicide et les causes psychiatriques représentent aujourd’hui 17% des décès maternels en France, soit environ 1 décès toutes les 3 semaines sur la période allant de la grossesse à 1 an après la naissance.
Les facteurs de risque sont multiples : isolement, précarité, violences conjugales, traumatismes, manque de soutien ou antécédents psychiatriques.
Après la naissance, les femmes continuent également d’assumer une part majoritaire des responsabilités parentales, parallèlement à leur carrière professionnelle.
Le HCE souligne enfin la vulnérabilité particulière des femmes âgées, davantage exposées à la pauvreté et à l’isolement social.
Les violences et discriminations ont un impact majeur
Les discriminations sont également associées à une fréquence plus élevée des troubles dépressifs.
Selon les données citées dans le rapport :
👉 18,1% des personnes déclarant avoir subi une discrimination présentent un syndrome dépressif
👉 Contre 8% parmi celles qui n’en déclarent pas
Les violences sexuelles jouent également un rôle important.
À l’âge adulte, 14% des femmes déclarent avoir subi au moins une agression sexuelle au cours de leur vie, contre 4% des hommes.
Selon le rapport, les violences sexuelles subies au cours de la vie pourraient expliquer 47% de l’écart entre femmes et hommes concernant les idées suicidaires.
Au total, le Haut Conseil à l’égalité formule 42 recommandations.
Son constat est clair : pour agir sur la santé mentale des femmes, il faut aussi agir sur les inégalités et les violences auxquelles elles sont confrontées tout au long de leur vie.
Post LinkedIn of the week "Women First"
Tout le monde connît Neil Armstrong ou John Glenn.
Mais connaissez-vous Katherine Johnson, Mary Jackson et Dorothy Vaughan ? ⬇️
𝗘𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗼𝗻𝘁 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝗲́ 𝗮̀ 𝗲𝗻𝘃𝗼𝘆𝗲𝗿 𝗱𝗲𝘀 𝗵𝗼𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹’𝗲𝘀𝗽𝗮𝗰𝗲, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐥𝐞𝘂𝗿𝘀 𝗻𝗼𝗺𝘀 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲́𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹’𝗼𝗺𝗯𝗿𝗲. 🚀
Ces trois scientifiques afro-américaines ont contribué à l’histoire spatiale des États-Unis à une époque où elles devaient affronter à la fois le sexisme et la ségrégation raciale.
𝗞𝗮𝘁𝗵𝗲𝗿𝗶𝗻𝗲 𝗝𝗼𝗵𝗻𝘀𝗼𝗻 - 𝗹𝗮 𝗺𝗮𝘁𝗵𝗲́𝗺𝗮𝘁𝗶𝗰𝗶𝗲𝗻𝗻𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗮 𝗴𝗮𝗴𝗻𝗲́ 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗶𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗮𝘀𝘁𝗿𝗼𝗻𝗮𝘂𝘁𝗲𝘀
Recrutée en 1953 par la NACA, ancêtre de la NASA, Katherine Johnson réalise des calculs de trajectoires spatiales d’une précision décisive.
En 1962, avant de devenir le premier Américain à effectuer un vol orbital, John Glenn demande personnellement qu’elle vérifie les résultats fournis par les ordinateurs électroniques.
En 1969, elle participe aux calculs de la trajectoire d’Apollo 11 et du rendez-vous entre le module lunaire et le vaisseau resté en orbite.
Un travail essentiel à la mission qui conduira Neil Armstrong et Buzz Aldrin sur la Lune.
𝗠𝗮𝗿𝘆 𝗝𝗮𝗰𝗸𝘀𝗼𝗻 - 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲̀𝗿𝗲 𝗶𝗻𝗴𝗲́𝗻𝗶𝗲𝘂𝗿𝗲 𝗻𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗡𝗔𝗦𝗔
Mary Jackson rejoint en 1951 une équipe de calculatrices afro-américaines travaillant dans des locaux séparés de leurs collègues blanches.
Repérée pour ses compétences en aérodynamique, elle entreprend une formation d’ingénieure.
Mais les cours sont dispensés dans un établissement réservé aux Blancs : elle doit obtenir une autorisation spéciale pour y assister.
En 1958, elle devient la première ingénieure afro-américaine de la NASA.
Plus tard, face aux obstacles à sa progression, elle choisit d’aider d’autres femmes à accéder aux carrières scientifiques et aux promotions.
𝗗𝗼𝗿𝗼𝘁𝗵𝘆 𝗩𝗮𝘂𝗴𝗵𝗮𝗻 - 𝗹𝗮 𝗽𝗶𝗼𝗻𝗻𝗶𝗲̀𝗿𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗮 𝗮𝗻𝘁𝗶𝗰𝗶𝗽𝗲́ 𝗹’𝗶𝗻𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲
Dès 1949, Dorothy Vaughan devient la première superviseuse noire de la NACA.
Elle dirige les « West Area Computers », une équipe de mathématiciennes afro-américaines chargées de calculs indispensables aux recherches aéronautiques.
Lorsque les ordinateurs électroniques arrivent, elle prend un temps d’avance : elle maîtrise le langage de programmation FORTRAN et accompagne la transition vers l’informatique.
Elle contribue notamment au programme de lanceurs Scout.
Leurs histoires, longtemps méconnues, ont été popularisées par le film « Les Figures de l’ombre ».
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